L’histoire ne s’efface pas d’un revers de main, surtout quand les cicatrices remontent à l’enfance. Raz-B, figure emblématique du groupe B2K, s’est retrouvé une nouvelle fois sous les projecteurs, déterminé à raviver le débat sur les agissements présumés de Chris Stokes et Marques Houston. Les accusations, qui circulent depuis des années, ont pris une nouvelle tournure sur les réseaux sociaux, où Raz-B réclame aujourd’hui des comptes, des aveux, et un passage obligé par le détecteur de mensonges.
Des accusations qui traversent le temps
Retour en 2007. Raz-B publie une vidéo sur YouTube où il expose, sans détours, des faits d’abus sexuels qu’il attribue à Marques Houston et Chris Stokes. Son frère aîné, également cité parmi les victimes, se joint à lui pour dénoncer ce qui aurait eu lieu plusieurs années auparavant. La riposte ne tarde pas : Chris Stokes, qui n’est autre que le cousin de Raz-B, nie tout en bloc. À ses côtés, Omarion, membre de B2K, prend sa défense publiquement. MTV rapporte à l’époque les mots de Stokes : « Toutes les allégations qu’ils ont faites sont fausses. Je ne suis pas gay. Et je suis marié. Et j’ai quatre enfants. Je suis avec ma femme depuis 16 ans. Et je ne suis pas un agresseur d’enfants. Il s’agit donc de fausses allégations. Je vais les poursuivre en justice. Et je le dois à ma femme. et les enfants, période. C’est ridicule. »
Quelques jours plus tard, Raz-B revient sur ses propos. Mais la parenthèse ne dure pas. En 2010, il relance ses accusations, enregistrant cette fois une conversation avec Quindon Tarver, une autre victime présumée. Les deux hommes y livrent un récit cru de leur vécu. Tarver, déjà interrogé en 2008 par Vibe au sujet de Stokes, refuse cependant que l’enregistrement soit diffusé publiquement. De son côté, Stokes persiste : il n’aurait fait l’objet de telles attaques que parce qu’il a cessé d’aider financièrement Raz-B et son frère. Quant à Marques Houston, il nie également toute implication.
La tension monte à nouveau ces derniers mois. Raz-B, bien décidé à ne pas laisser l’affaire retomber dans l’oubli, interpelle Stokes sur Instagram. Face à l’insistance des fans qui réclament des explications, Stokes s’exprime encore, pour réaffirmer sa version et balayer les accusations.
Face à Moniece Slaughter, Raz-B précise ce qu’il attend
Sur Instagram, Raz-B annonce qu’on essaie de le faire taire à coups de mises en demeure. Mais il n’est pas prêt à lâcher prise. Il lance un défi à Houston et Stokes : que tous, lui compris, passent un test au polygraphe. Ce geste, il l’assume devant ses abonnés et reçoit au passage le soutien de plusieurs personnalités, comme O’Ryan, le frère d’Omarion, qui exhorte Houston et Stokes à accepter.
Si une interview avec Jason Lee de Hollywood Unlocked reste finalement dans les tiroirs de Fox Soul, Raz-B rebondit sur Instagram Live. Il y retrouve Moniece Slaughter, elle-même rompue aux coulisses de l’industrie musicale, et qui connaît bien les protagonistes de l’affaire. Pendant l’échange, Raz-B ne varie pas d’un pouce : il demande justice. Mais lorsqu’on lui demande à quoi elle devrait ressembler, sa réponse surprend. Il évoque son souhait d’un affrontement direct, presque physique. « F*ck les tribunaux. F*ck the street, je veux un fané », lâche-t-il, préférant un règlement sans filtre à un procès interminable.

Au fil de la conversation, Raz-B va plus loin : « Dans un monde parfait, j’aimerais m’excuser publiquement », confie-t-il. Il sait que cette issue reste improbable, mais n’en démord pas : « Je vais dépenser chaque dollar que j’ai pour m’assurer d’obtenir la justice que je sens mériter. » Ces mots résonnent comme un serment, une promesse faite à lui-même de ne pas laisser son histoire sombrer dans le silence.
Au bout du compte, impossible de prédire comment cette affaire évoluera. Mais une chose demeure : Raz-B ne semble pas près de tourner la page, et il entraîne avec lui une part du public qui, cette fois, refuse de détourner les yeux.


