Le calendrier des saints attribue un ou plusieurs prénoms à chaque jour de l’année. Savoir quelle fête sommes-nous aujourd’hui revient à consulter ce calendrier, hérité de la tradition liturgique catholique, qui reste le référentiel utilisé par la quasi-totalité des sites et applications dédiés. Le réflexe paraît simple, mais les sources ne concordent pas toujours entre elles, et le lien entre ce calendrier et les prénoms réellement portés en France s’est considérablement distendu.
Calendrier des saints et calendrier civil : deux référentiels à distinguer
La confusion la plus fréquente concerne la nature même du calendrier utilisé. Le calendrier liturgique, maintenu par l’Église catholique, recense plusieurs milliers de saints et bienheureux. Chaque date peut correspondre à un saint principal et à plusieurs saints secondaires.
Le calendrier civil français, celui qui figure sur les agendas et les éphémérides de La Poste, n’en retient qu’une sélection. Ce tri explique pourquoi deux sites peuvent afficher des résultats différents pour la même date : l’un suit le martyrologe romain complet, l’autre la version simplifiée du calendrier civil.
| Critère | Calendrier liturgique | Calendrier civil (éphéméride) |
|---|---|---|
| Source | Martyrologe romain (Église catholique) | Sélection éditée pour les agendas |
| Nombre de saints par jour | Plusieurs (parfois plus de dix) | Un seul prénom principal |
| Mises à jour | Lors des béatifications et canonisations | Rarement, avec un décalage |
| Prénoms rares inclus | Oui (Léovigilde, Philibert, Memnon…) | Non, sélection courante |
| Usage principal | Pratique religieuse | Souhaiter la fête d’un proche |
Un site comme Nominis, géré par la Conférence des évêques de France, suit le martyrologe romain. Les sites grand public (fetedujour.fr, dromadaire.com) privilégient le calendrier civil, plus lisible.

Fête du prénom et données INSEE : un écart qui s’élargit
Le calendrier des saints a longtemps servi de répertoire pour nommer les enfants. Le Figaro rappelle que jusqu’au milieu du XXe siècle, les Français choisissaient principalement dans la littérature liturgique. Cette époque est révolue.
Les fichiers de prénoms de l’INSEE, couvrant les naissances de 1900 à 2023, permettent de mesurer l’écart. Le prénom Noël, associé à la date du 25 décembre, est passé de plus de mille naissances annuelles dans l’après-guerre à 7 naissances en 2022, avec un léger rebond à 12 en 2023 selon Doctissimo, qui s’appuie sur les données INSEE.
Le prénom Désiré, fêté le 8 mai, illustre le même phénomène : 5 naissances seulement en 2024 d’après la même source. Ces prénoms restent dans le calendrier, mais la probabilité de croiser une personne les portant diminue chaque année.
Ce que cela change pour souhaiter une fête
La majorité des prénoms donnés aujourd’hui en France n’apparaissent pas dans le calendrier des saints. Jade, Léo, Emma, Rayan : aucun de ces prénoms courants ne possède de date de fête liturgique propre. Les sites de fête du jour proposent alors de se rabattre sur un saint au prénom voisin ou sur la Toussaint (1er novembre), fête de « tous les saints » par définition.
Cette solution reste artificielle. Elle explique pourquoi la recherche « quelle fête sommes-nous aujourd’hui » concerne davantage un repère culturel quotidien qu’un véritable usage de souhaits entre proches.
Sources fiables pour connaître le saint du jour
Tous les sites de fête du jour ne se valent pas. Les écarts portent sur trois points : la complétude de la base, la fréquence de mise à jour et la présence de publicités intrusives. Voici les critères à vérifier avant de s’en remettre à une source unique :
- La base de données doit préciser si elle suit le calendrier liturgique ou le calendrier civil, car les résultats diffèrent selon le référentiel retenu.
- Le site doit indiquer ses sources (martyrologe romain, base Nominis, éphéméride de La Poste) pour que l’information soit vérifiable.
- La date affichée doit correspondre au fuseau horaire français, ce qui n’est pas garanti sur tous les outils en ligne, notamment les applications mobiles configurées en UTC.
Nominis (nominis.cef.fr), édité par la Conférence des évêques de France, reste la référence la plus exhaustive pour le calendrier liturgique francophone. Pour un usage rapide et orienté grand public, les sites comme fetedujour.fr ou la rubrique calendrier de dromadaire.com affichent le prénom principal du jour sans détail hagiographique.

Jours fériés, journées mondiales et fêtes du calendrier : ne pas tout mélanger
La requête « quelle fête sommes-nous aujourd’hui » mêle souvent trois notions distinctes. La fête du prénom (saint du jour), les jours fériés légaux et les journées internationales (journée de la Terre, journée du baiser…) répondent à des logiques différentes.
Les jours fériés en France sont fixés par le Code du travail et ne changent pas d’une année à l’autre, à l’exception des fêtes mobiles comme le lundi de Pâques ou l’Ascension, calculées en fonction du calendrier lunaire. Les journées mondiales, elles, sont décrétées par l’ONU ou d’autres organisations et n’ont aucun lien avec le calendrier des saints.
Confondre ces trois calendriers conduit à des résultats inexploitables. Un site de fête du jour qui mélange saint Bernard, la journée mondiale de l’aide humanitaire et le 15 août férié sur la même page noie l’information utile.
Filtrer selon ce que l’on cherche réellement
- Pour souhaiter une fête à un proche : consulter un site de saint du jour (Nominis, fetedujour.fr).
- Pour vérifier si un jour est férié : se référer à service-public.fr, qui publie la liste officielle mise à jour.
- Pour connaître les journées thématiques : le site de l’ONU ou des agrégateurs comme journee-mondiale.com.
- Pour un aperçu combiné rapide : certaines applications mobiles de calendrier intègrent les trois flux, mais leur fiabilité sur les saints secondaires reste limitée.
Le calendrier des saints reste un repère culturel quotidien en France, même si son lien avec les prénoms portés aujourd’hui s’amenuise. La donnée la plus frappante tient dans l’écart entre la permanence du calendrier liturgique, qui n’a guère changé de structure, et l’effondrement de certains prénoms de fête dans les registres de naissance. Le saint du jour change chaque matin, mais le nombre de personnes concernées par ce rituel diminue un peu plus chaque année.


