En 2025, la session du concours de professeur des écoles coïncide avec une réforme majeure de la formation initiale des enseignants. Certains candidats devront composer avec de nouvelles modalités, tandis que d’autres bénéficieront encore de dispositions transitoires issues des années précédentes.Alors que le nombre d’inscrits continue de baisser, plusieurs académies peinent à pourvoir tous les postes ouverts, malgré l’augmentation du nombre d’admissibles. Les autorités multiplient les dispositifs incitatifs pour attirer davantage d’étudiants, face à une crise du recrutement qui s’installe dans la durée.
La formation des enseignants en pleine mutation : comprendre la réforme du concours 2025
La réforme du CRPE 2025/2026 redistribue les cartes pour la formation des enseignants en France. Sous l’impulsion du gouvernement, cette transformation vise un double objectif : endiguer la pénurie de professeurs des écoles et redorer l’image d’un métier confronté à la défiance. Désormais, le concours externe de recrutement sera ouvert dès le niveau bac+3. Ce raccourcissement du cursus ouvre la voie à des profils plus jeunes, qui pourront s’engager plus tôt et se confronter rapidement à la réalité du terrain scolaire.
Autre nouveauté, la création de la Licence de Préparation au Professorat des Écoles (LPE) bouleverse le parcours classique. Ce cursus universitaire, pensé pour le concours de recrutement, introduit une mesure inédite : les titulaires de cette licence sont dispensés des épreuves écrites d’admissibilité et accèdent directement aux oraux. De quoi diversifier les profils et rapprocher l’université de la vie scolaire.
Pour mieux saisir les contours de cette réforme, voici les principaux jalons du nouveau parcours :
- Stage de 12 semaines dès la première année de master (M1), pour une immersion concrète
- Prise de responsabilités à mi-temps lors de la deuxième année (M2), afin de gagner en autonomie
- Rémunération évolutive : 1 400 € nets par mois en M1, 1 800 € en M2
Une fois le concours de recrutement des professeurs des écoles décroché, les lauréats intègrent le master MEEF, où alternent théorie, pratique, et accompagnement rémunéré. La titularisation dépend de la validation du diplôme, du stage et de l’avis de l’Éducation nationale. Pour faciliter le passage, 2026-2027 restera une année de transition avec coexistence des concours bac+3 et bac+5, avant stabilisation du dispositif.
Crise du recrutement : pourquoi le métier de professeur des écoles attire-t-il moins ?
La pénurie d’enseignants s’aggrave, confrontant l’Éducation nationale à un défi de taille. Certaines académies, comme Versailles ou Lyon, se retrouvent chaque année avec des postes non pourvus, faute de candidats en nombre suffisant.
Ce phénomène s’explique par un ensemble de facteurs. La charge de travail augmente sans cesse : tâches administratives qui s’accumulent, programmes scolaires toujours plus denses. Côté rémunération, le salaire proposé ne parvient pas à compenser le niveau de responsabilité et la longueur de la formation, décourageant plus d’un étudiant. Le statut social se délite, la reconnaissance s’effrite, et le prestige du métier semble s’évaporer. Ce climat refroidit de nombreux jeunes, malgré des vocations sincères.
Les syndicats dressent un constat sans détour : réformes à répétition, incertitudes dès la première affectation, moyens insuffisants, classes surchargées, conditions difficiles dans certains territoires… Même avec la force de 800 000 enseignants et plus de 300 000 agents administratifs, la machine ne parvient plus à susciter l’enthousiasme d’antan.
Deux axes se dessinent pour inverser la tendance :
- Rendre la carrière plus attractive : la réforme du concours tente de rebattre les cartes, mais l’effet reste à mesurer.
- Réformer en profondeur : hausse des salaires, simplification des missions, soutien accru sur le terrain.
Quels nouveaux parcours pour se préparer au concours et au métier d’enseignant ?
Avec la nouvelle réforme du concours de recrutement, l’accès au métier de professeur des écoles s’accélère. Dès la licence, le CRPE devient accessible, et la Licence de Préparation au Professorat des Écoles (LPE) ouvre un chemin privilégié : formation ciblée, suppression des écrits d’admissibilité, immersion en établissement scolaire. Les étudiants issus de la LPE s’attaquent aux oraux plus tôt et se frottent sans délai à la réalité du métier.
Mais ce n’est qu’une première étape. La réussite au concours conduit vers le master MEEF, assorti d’une rémunération dès le M1 (1 400 € nets) et relevée en M2 (1 800 € nets). Les stages en classe, la prise de responsabilités, l’alternance entre théorie et terrain rythment ces deux années. Un accompagnement personnalisé est proposé, en Inspé ou Isfec selon l’orientation vers le public ou le privé.
Résumons les exigences marquantes de ce nouveau parcours :
- La validation du master et des stages reste obligatoire pour la titularisation.
- La certification PIX devient un passage obligé pour garantir la maîtrise des outils numériques.
L’accueil des nouveaux entrants est repensé, avec un accompagnement renforcé et des dispositifs facilitant la reconversion depuis d’autres horizons professionnels. Durant l’année charnière 2026-2027, les deux versions du concours coexisteront pour permettre une transition sans rupture et répondre aux besoins urgents de recrutement.

Choisir l’enseignement aujourd’hui : des perspectives à redécouvrir pour les étudiants
Le choix de l’enseignement s’est métamorphosé. Les étudiants d’aujourd’hui abordent le métier avec un regard neuf : transmettre des savoirs, incarner une fonction citoyenne, prendre en main le virage numérique. Devenir professeur des écoles ne se limite plus à la sécurité de l’emploi. Cette voie exige une maîtrise solide de la langue française, l’obtention de la certification numérique (PIX), un casier judiciaire vierge, une aptitude physique validée, et une adhésion sans faille aux valeurs de la République. Le travail d’équipe et l’adaptabilité sont devenus incontournables.
Les débouchés se diversifient. Outre le premier degré, d’autres concours comme le CAPES, CAPET, CAPLP, CPE ou Psy-EN ouvrent des portes vers l’enseignement général, technologique, professionnel, l’accompagnement éducatif ou le soutien psychologique. À chaque étape, qu’il s’agisse de concours externes ou internes, c’est la réalité de l’école française qui se vit de l’intérieur, avec l’ambition de faire progresser les élèves.
Plusieurs appuis concrets facilitent ce parcours :
- Dispositifs de reconversion qui accueillent ceux venus d’autres univers professionnels
- Aides à l’installation pour affronter plus sereinement les débuts dans la fonction
- Une formation professionnalisante en master pour préparer la prise de poste
La montée en puissance du numérique éducatif change la donne, bouleverse les pratiques et renforce la quête d’innovation dans les classes. Les étudiants d’aujourd’hui réinventent leur manière de s’approprier le métier : la pédagogie devient plus agile, les équipes se soudent autour de projets, et le terrain façonne une génération nouvelle. Dans ce contexte mouvant, l’envie de construire l’école de demain s’ancre dans le réel : le défi est immense, mais certains n’envisagent pas de poser la craie de sitôt.


