Projet
d'un musée Lalique
Crédit photo : Wilmotte-Artefactory |
| Le
verre, une histoire ancienne sur le Pays de La Petite Pierre
Le verre et le cristal sont indissociables de l'histoire et du
devenir du pays de la Petite Pierre. Il y a plusieurs centaines d'années,
des verriers ont trouvé dans les vastes forêts des Vosges du Nord
les conditions idéales pour développer leurs activités. Cette
aventure a façonné le territoire puisque bien souvent les verriers
ont favorisé l'émergence d'un certain nombre de nos villages et
plus tard ont contribué à la création d'une dynamique économique. Aujourd'hui
encore cette industrie emploie plusieurs centaines de personnes.
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| A
l'origine les verriers étaient itinérants : ils se déplaçaient
en fonction des concessions de bois ou des possiblités d'approvisionnement
en combustible et devaient ainsi construire à chaque fois un nouveau four. Les
archives mentionnent de nombreuses verreries sur le Pays de La Petite Pierre :
Frohmuhl, Puberg, Schoenbourg, Struth, Rosteig, Weckenmuhl près de Graufthal
et Wingen sur Moder. |
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| Des
verriers à Schoenbourg L'existence d'une verrerie est attestée
dès le XVIème siècle. Aujourd'hui, on retrouve des traces
de ce passé dans les noms de lieux : glasberg (montagne du verre) et leimenpfulen
(fosse à argile qui fournissait la matière nécessaire à
la fabrication des fours à verre). Selon une légende toujours
tenace, la rosace du portail central de la cathédrale de Strasbourg aurait
été réalisée avec du verre de Schoenbourg : "Schönstes
Glas bin ich genannt Schoenburg ist mein Heimatland". |
Une voie de chemin de fer pour desservir les verreries
et cristalleries lorraines Une verrerie était en activité
à Rosteig entre 1630 et 1730. Par la suite, de nombreux habitants ont
exercé la profession d'ouvriers verriers dans les grandes verreries des
alentours notamment en Moselle. Aujourd'hui encore on peut admirer le lustre,
vestige de ces liens avec la proche Moselle, ornant l'église Notre Dame
et offert à la paroisse de Rosteig par la cristallerie de Saint Louis. La
ligne de chemin de fer - dont on peut voir les restes du viaduc - reliait Wingen
sur Moder à Saint-Louis-lès-Bitche. Cette ligne, appelée
familièrement Ziggel, longue de 12 km desservait les sites verriers de
Meisenthal et de Saint Louis afin de les ravitailler en matières premières
et de transporter leurs productions. |
Jerri-Hans,
comte de La Petite Pierre Cette figure historique chercha à
développer l'industrie sur le Comté de La Petite Pierre notamment
en accordant des droits forestiers aux verriers. Jerri-hans y gagna un surnom
celui de "Prince des verriers". |
La
verrerie du Hochberg à Wingen sur Moder : Le quartier du
Hochberg sur la commune de Wingen sur Moder a vu le jour en 1715 sous l'impulsion
de Jean Adam Stenger, verrier à Rosteig, qui y créa une nouvelle
verrerie. Cet établissement a fonctionné jusqu'en 1868. De nos jours
subsistent encore des vestiges importants de cette activité : les ateliers
et la halle d'étendage aujourd'hui restaurés, des maisons d'habitation,
le château et le cimetière de la famille Teusch. |
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Après une interruption d'un demi siècle, une autre verrerie s'est
installée à Wingen à l'initiative de René Lalique
et depuis 1921 des uvres d'art appréciées dans le monde entier
y sont produites. Des musées dédiés à Lalique
existent à New York, Lisbonne, Tokyo, alors qu'à Wingen même,
rien n'indique que l'on y fabrique ces merveilles : la cristallerie se fait discrète
dans son quartier et pas la moindre vitrine ne suggère la présence
de la prestigieuse fabrication.
| "La
verrerie de Wingen" (Biliothèque Municipale de Strasbourg)
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Le
musée Lalique, un projet intercommunal ambitieux Afin
de remédier à cet état, la Communauté de Communes
du Pays de la Petite Pierre et le Conseil Général portent, depuis
une dizaine d'années, le projet du Musée Lalique qui sera créé
sur le site verrier du Hochberg à Wingen-sur-Moder. Le partenariat autour
de ce projet réunit la Commune de Wingen-sur-Moder, le Département
du Bas-Rhin, la Région Alsace, l'Etat et l'entreprise Lalique. Le
but est de valoriser un patrimoine à la fois social , économique,
culturel et artistique. Si l'objectif est culturel, il est aussi économique
car il a pour ambition d'attirer annuellement 50 000 visiteurs. Un tel espace
muséographique constituerait un nouveau pôle touristique majeur au
sein du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord. Le site retenu pour
un tel musée est celui de l'ancienne verrerie du Hochberg situé
à la sortie de la commune sur la D919, direction Puberg.
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La
halle d'étendage avant les travaux
 Les
travaux


L'ensemble
des bâtiments restaurés
 Fouilles
archéologiques réalisées sur le site du futur musée
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Réalisation
de la première tranche Le 8 mars 2001, le Conseil Communautaire
a décidé d'engager l'opération de réalisation du musée
Lalique. L'opération a été scindée en deux tranches,
une première tranche ferme et une seconde conditionnelle. Si la Communauté
de Communes était maître d'ouvrage, une maîtrise d'ouvrage
déléguée de l'opération a été confiée
à la Société d'Economie Mixte de Haute Alsace (SEMHA). Le
cabinet Arc Essor a apporté son concours par la réalisation d'études.
Les travaux ont consisté en la mise hors d'eau et hors d'air des vestiges
de la verrerie du Hochberg ("Glashutte") avec l'assèchement et
la consolidation de l'ensemble des murs, la mise en place d'une charpente identique
à l'ancienne et la couverture avec des tuiles de type "queue de castor".
Cette première phase qui s'est déroulée courant 2003 a permis
de sauver ce vestige majeur du patrimoine de la région. Les travaux ont
été réceptionnés en décembre 2003. Et aujourd'hui
le visiteur peut déjà admirer le bâtiment restauré. Création
d'un Syndicat Mixte Les collectivités se sont prononcée
favorablement sur la création au 1er janvier 2008 d'un Syndicat mixte les
associant pour reprendre la maîtrise d'ouvrage et contribuer au budget de
fonctionnement du musée. La part la plus importante (60%) revient au Conseil
Général, 30% au Conseil Régional et 10% sont partagés
entre la Communauté de Communes et la commune de Wingen-sur-Moder.
Partenariat
avec la Société Lalique Par ailleurs, un partenariat
s'est développé avec la Société Lalique. Il a entre
autre permis d'organiser deux expositions Lalique au Château de Lichtenberg
en 2002 et 2006. Il s'est également concrétisé le 26 novembre
2006 par la signature d'une convention d'usage du nom, convention prévoyant
aussi la mise en dépôt d'uvres signées René Lalique
et le don d'uvres en cristal.
Labélisation
Pôle d'Excellence Rurale Compte-tenu
de l'intérêt sur le plan national de créer un établissement
dédié à la création Lalique et de la volonté
des collectivités territoriales, le projet bénéficie du label
Pôle d'Excellence Rurale et de l'inscription au Contrat de Projet Etat-Région
2007-2013.
Appellation Musée de France La
reconnaissance de la qualité du projet s'est également traduite
par l'attribution de l'appellation Musée de France et permettra non seulement
au Musée Lalique d'obtenir des dépôts d'autres musées
de France, parmi lesquels le musée d'Orsay ou celui des Arts décoratifs
de Paris, mais aussi de bénéficier du droit de préemption
et de la contribution financière du Fonds régional d'Acquisition
pour les Musées. Ces mesures, ainsi que le soutien de nombreux mécènes,
ont permis à la Communauté de Communes, prenant le relais de l'Association
des Amis du Musée, d'acquérir une dizaine d'uvres. |
Crédit
photo : Wilmotte-Artefactory
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Seconde
tranche : le projet architectural et scénographique
A l'issue d'un concours d'architecture, l'agence d'architecture
Wilmotte, internationalement connue, a été sélectionnée
pour assurer la maîtrise d'uvre. Elle est associée aux architectes
Chiodetti et Crupi de Colmar, aux scénographes de Ducks Sceno et aux paysagistes
Neveux et Rouyer. Le cur du musée sera dédié à
René Lalique, artiste d'exception reconnu dans le monde entier et qui a
marqué l'Art nouveau avec ses créations de bijoux, puis l'Art Déco
avec ses créations verrières. Les multiples facettes de son uvre
seront mises en valeur, depuis les bijoux aux éléments architecturaux
en passant par les flacons de parfum et les Arts décoratifs. Vases, bouchons
de radiateurs, statuettes
montreront que ses sources d'inspiration majeures
étaient la femme, la faune et la flore. Le cristal Lalique, autrement dit
la création Lalique depuis 1945, se verra lui aussi consacrer une place
de choix et un hommage sera rendu aux verriers perpétuant les savoir-faire
et mettant leurs tours de main et leurs connaissances au service de la création. Allier
culture et plaisir Les
espaces d'exposition permanente seront complétés par une salle d'expositions
temporaires, un auditorium, des salles pédagogiques ainsi qu'un centre
de documentation. Une boutique sera également aménagée. Le
jardin, qui permettra, par le choix des essences, de relier les créations
à la nature tant observée par René Lalique, et une cafétéria
seront l'occasion pour les visiteurs de passer un moment agréable, préparant
ou prolongeant la visite.
Pose de la première
pierre le 8 novembre 2008 La
cérémonie de la pose de la première pierre s'est déroulée
le 8 novembre dernier en présence de l'ensemble des partenaires. Les
travaux commenceront dans la foulée. L'ouverture du musée est prévue
pour le printemps 2011. Ainsi le musée Lalique apportera-t-il non seulement
sa pierre au développement touristique et économique du Pays de
La Petite Pierre, mais aussi des Vosges du Nord et de l'Alsace dans leur ensemble.
Depuis
début avril 2010, le Syndicat Mixte a mis en ligne un site consacré
au musée : www.musee-lalique.com
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Crédit
photo : Wilmotte-Artefactory
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Vous
pouvez également consulter les sites internet suivants :
www.lalique.com
www.lalique-museum.com
www.wingen-moder.com |
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